Parfums et Art

dimanche 21 août 2016
par  Lavinia

Parfums Guerlain (guerlain.com)

Ne serait-il temps que les parfumeurs obtiennent, enfin, le statut d’artiste et que leurs œuvres soient traitées avec respect ? Force est de constater que les temps ne s’y prêtent guère, car peu de nez échappent à la dictature des études de marché et des impératifs de rentabilité. Ils donnent donc l’impression d’être de simples exécutants plutôt que des créateurs. Or un artiste doit rester relativement libre d’imposer sa vision sinon il n’est rien.



Francis Kurkdjian (marie-claire.fr)

Comme l’artisan, l’artiste se voit, certes, imposer des objectifs établis par d’autres. Tel était le cas des œuvres commandées par l’Église, désireuse de transmettre ses idées, voire de l’aristocrate ou du bourgeois voulant un portrait ressemblant, un objet décoratif ou une image érotique. Et les commanditaires officiels fonctionnent toujours de cette façon. Mais on juge que la production finale relève de l’art si on y voit la marque d’une créativité propre à un individu maître de son style. La situation des parfumeurs n’est donc radicalement différente des artistes, leur spécificité tenant à leurs matériaux : la palette chimique, naturelle, synthétique ou artificielle, dont ils disposent.



Le Caravage, Saint Matthieu et l’ange, reproduction de la première version refusée, détruite (1602)

Le Caravage, Saint Matthieu et l’ange, seconde version acceptée, Église de Saint Louis à Rome


Cependant, le parfum a toujours été exclu du domaine de l’art et fait constamment l’objet de réflexions brouillonnes : d’une part, il s’agirait d’un produit industriel, sans nom d’auteur, lié à des considérations superficielles, telles la rentabilité, la mode et la coquetterie tant soit peu ridicule des femmes et des dandys ; d’autre part, il y aurait là une source d’émotions fortes, qui resterait obstinément mystérieuse, peut-être parce que l’on conclut à la hâte qu’elle jaillit d’une âme humaine tout à fait unique dont les goûts personnels et les souvenirs impénétrables restent insondables.



Article ’Dans le secret des parfumeurs’ (elle.fr)

Or ces deux points de vue, celui du parfum comme produit de consommation et comme goût personnel, ne sont ni entièrement vrais, ni totalement faux. D’une part, aujourd’hui, l’industrie du parfum tend indéniablement à formater les goûts de façon à vendre ses produits, de manière prévisible, sur un marché homogène. Toutefois, elle a recours à des auteurs, les nez, qui, à l’instar des artistes, font preuve d’une créativité plus ou moins grande.

Jean-Claude Ellena (Scents of Self)


Jean-Claude Ellena chez Hermès et Mathilde Laurent chez Cartier ne sont pas soumis à une équipe de marketing, mais tel n’est plus le cas des parfumeurs de chez Guerlain ou de chez Dior. Toutefois, tous les parfumeurs maison, quel que soient leur liberté de composer ce qu’ils veulent, doivent être soumis au facteur temps : il sort tellement de parfums à l’heure actuelle qu’il faut créer un nombre conséquent de produits.



Trois des parfumeurs les plus en vue : de gauche à droite Demachy de chez Dior, Mathilde Laurent de chez Cartier, Thierry Wasser de chez Guerlain (osmoz.com)


D’autre part, pour répondre à l’insatisfaction croissante, venant à la fois des nez et des amateurs de parfums, mécontents d’une logique comptable, qui revoit constamment à la baisse la qualité des matériaux et s’en tient généralement au conformisme, au lieu de promouvoir audace et nouveauté, les niches se multiplient et finissent souvent par être rachetées par les conglomérats dans le but de redorer un blason quelque peu terni. Parallèlement, les grandes maisons créent des collections exclusives avec le même dessein...



Les exclusifs de Chanel (chanel.com)

Tout se passe donc comme si la parfumerie était tiraillée entre deux orientations : les énormes bénéfices industriels et le prestige de l’art lié au luxe. Il y a là des raisons historiques. Jusqu’au 19ème siècle, les parfums étaient vendus par les pharmaciens comme des alcoolats avec des vertus antiseptique, tonique, cicatrisante et apaisante. Ils relevaient donc de la technique du préparateur de produits chimiques, non des arts.



Alcoolats (commedescamions.com)

Afin de mettre tout cela en perspective, en Grec, un seul mot, technë désignait l’art et la technique. Dans ce contexte, il n’était pas encore question, comme aujourd’hui, de couper le lien entre les deux et d’aspirer à une créativité purement mentale. Du point de vue de la maîtrise technique de ses matériaux, le sculpteur se comparait sans peine avec le maçon, le poète avec l’orateur, même si la nature de l’inspiration, venant des Dieux, et l’impressionnante beauté des œuvres d’art soulevaient la discussion et permettaient de faire le distinguo.



Héphaïstos remet à Thétis les armes d’Achille qu’il a fabriquées, médaillon d’un kylix (vase profond et évasé) du peintre de la fonderie (490-480 av. j.-c)

Myron, Le discobole (copie romaine, vers 120 ap. J.-C., original : avant - 450)

Ainsi c’est seulement au cours de l’histoire que certaines techniques ont été distinguées des autres et acquis un statut supérieur, parce que certains ont su faire valoir l’intelligence nécessaire à leur production. Par exemple, à la Renaissance, la peinture et la sculpture gagnèrent leurs lettres de noblesse en revendiquant leur recours à la géométrie, la musique, quant à elle, étant déjà apparentée aux mathématiques. Léonard de Vinci a défendu cette filiation entre la géométrie et la perspective ainsi que le caractère spirituel de la peinture. J’approfondirai plus loin. Ici je voudrais seulement démontrer à quel point la distinction entre l’art et l’artisanat, le savoir et le savoir-faire, ne va pas de soi et a fait l’objet de changements historiques.



Luciano Laurana, Vue de la cité idéale ou la cité de Dieu

Léonord de Vinci, L’annonciation

Les parfums, on le voit bien, n’ont pas de place dans cette histoire de l’art, encore si influente, dans laquelle la musique et les arts visuels restent encore les catégories de référence. En partie, la raison en est que l’odorat a été discrédité comme un sens mineur, voire liberticide. Selon Kant, en effet, les odeurs nous envahissent, alors que la vue et l’ouïe nous permettent de considérer les objets à distance libre de tout intéressement. On ne mange pas la brioche de Chardin !



Chardin, La brioche (1763)

Ainsi l’odorat, comme le goût, sont voués au plaisir dit ‘barbare’ de consommer en vue d’obtenir une jouissance charnelle, tandis que la vision et l’ouïe contemplent leurs objets sans les utiliser, les détruire ou y trouver un plaisir bassement intéressé. Dans cette logique, les parfums servent au plaisir physique ; les arts visuels, la musique et la littérature émeuvent l’âme.



Lucas Auger, Allégorie de la naissance des arts (17 ?)

Par ailleurs, force est d’admettre que depuis le Moyen-Âge, les parfums, réputés pour leur vertus médicales, n’avaient pas la même fonction que les nôtres. Fabriqués par des apothicaires, ils étaient censés combattre les émanations malsaines : sous forme de fumigation ou sous forme de vinaigre aromatisé, ils servaient de désinfectants. De plus, les sorciers utilisaient des onguents et des potions afin de produire des enchantements divers : philtre d’amour, visions et malédictions.



Cueillette de plantes aromatiques

Pharmacie du 14ème siècle

Mais le tableau devint plus contrasté dès le Haut Moyen-Âge, car les dignitaires Francs et Lombards utilisaient des onguents, à base de parfums raffinés, en provenance de Bagdad, de Cordoue ou de Damas, et importaient des essences précieuses d’Inde. De plus, les Croisés rapportèrent des huiles parfumées et des essences de musc, d’ambre, de santal, de girofle et de myrrhe, qui s’ajoutèrent aux parfums à base de rose, de jasmin, de lavande et de violette. Il semble donc que la tradition des parfums envoûtants ne se soient jamais entièrement perdue. Déjà en 1190, le roi Philippe Auguste autorisait l’existence d’une corporation de parfumeurs gantiers.



Ablutions parfumées dans une maison de bains, miniature du 15ème siècle

Cependant, dans l’Occident Chrétien du Haut Moyen-Âge, les parfums n’entrèrent pas dans les mœurs du commun et suscitaient la méfiance. A cette époque, en effet, tous les mélanges étaient considérés comme des diableries : Dieu avait créé un ordre des choses que l’homme ne devait pas à recombiner entre elles sous peine de sacrilège.



George Reverdy, gravure en cuivre représentant des alchimistes (16ème siècle)

C’est à la fin du Moyen Âge que se produit un bouleversement technique comparable à la perspective en peinture. En 1370 apparaît le premier alcoolat célèbre en Occident : l’eau de la reine de Hongrie, distillat à base de romarin et d’essence de térébenthine. Les débuts de la parfumerie industrielle à base d’alcool date, quant à elle, de 1450 et débuta à Grasse en 1500. A partir de ce moment, les têtes royales, dont notamment Louis XIV, qui adorait le parfum, se firent fabriquer sur mesure des fragrances personnelles dont ils se servaient pour marquer les esprits.



Élisabeth de Pologne, reine de Hongrie, commanditaire de L’eau de Hongrie

Tout cela devint possible, à cause de deux progrès techniques : le perfectionnement du système de refroidissement, l’alambic, facilitant la distillation, et, surtout, la redécouverte de l’alcoolat, attribuée par certains à l’alchimiste, Basile Valentine, donnant au parfum un support autre que des huiles ou des graisses. Cela permit de le dissoudre et de produire une évaporation progressive. Cependant, l’alcoolat reste un élixir, c’est-à-dire un médicament précieux qu’on boit ou dont on se frictionne.



Distillation à l’alambic au Moyen-Âge

De plus, le parfum a aussi pour rôle du déguiser les mauvaises odeurs, émanant des vêtements mal lavés et, en particulier, des gants et des éventails. Jusqu’au début du 20ème siècle, les parfums gardent cette fonction, comme en témoignent La voilette de Madame, Le mouchoir de monsieur, Djedi et Bouquet de Faunes, composés par Jacques Guerlain, afin d’asperger ses accessoires et contrer l’odeur de naphtaline, se dégageant des fourrures, ainsi préservées des mites, dans les armoires où elles étaient gardées pendant la belle saison et préservées des mites.



Bouquet de Faunes (musée des parfums de Barcelone)

Seulement, comme nous l’avons déjà vu, les parfums ne servaient pas seulement de camouflage. Au 18ème siècle, l’Europe toute entière avait fait un retour à l’hygiène et s’engoua pour les savons, les pots-pourris, les vinaigres et les fards de beauté. L’eau de Cologne, inventée en 1690 par Jean-Paul Feminis, à base d’essences issues de zestes d’agrume, eût un succès fou, une fois transmise à son neveu, Jean-Antoine Farina, installé à Cologne.



Ancienne publicité pour l’eau de Cologne

Commercialisée vers 1720 et ramenée en France par les soldats de retour de la Guerre de sept ans, elle fut reconnue par la médecine comme possédant une action thérapeutique. Les apothicaires récupérèrent le marché, chacun effectuant son mélange respectant la recette de base. Dans ce cadre, l’eau de Cologne avait la même double utilisation que les alcoolats, à la fois breuvages et bouchonnages curatifs. Cependant, après l’édit de Napoléon, obligeant les pharmaciens à marquer la composition de leurs médicaments, la profession se désintéressa de la fabrication de parfums, dont la composition pouvaient être recopiée.



Affiche pour l’eau de Cologne de Farina

Deux sortes d’artisans, nullement astreint par l’édit de Napoléon, prirent la relève. D’abord, les maîtres parfumeurs et gantiers qui avaient acquis des connaissances remarquables en la matière : le cuir des gants sentait très mauvais et il fallait neutraliser cette odeur avec des substances odorantes performantes comme la mousse de chêne et le benjoin.



Le gantier

Cependant, au 18ème siècle, il y eut une crise du cuir, nettement moins demandé, et les gantiers se concentrèrent alors sur la parfumerie. De plus, à cette époque intéressée par la propreté, la bourgeoisie recherchait des odeurs florales et fraîches, non plus les senteurs fortes et animales du siècle précédent associée à la décadence des aristocrates de l’Ancien Régime.



L’officine Bully : Renaissance du parfumeur vinaigrier à Paris aujourd’hui

Aussi les parfumeurs vinaigriers s’emparèrent d’une part du marché du parfum, en fabriquant des savons, des pots-pourris, des crèmes de beauté, des vinaigres de toilette et des fards de beauté. A la base, le métier consistaient à faire macérer des fleurs et des herbes dans du vinaigre, afin de fabriquer des élixirs, buvables, servant aussi d’eau de toilette. Une fois, leur faible dose d’alcool évaporée, ces vinaigres de toilette parfumaient agréablement la peau. Lorsque Pierre François Pascal Guerlain ouvrit boutique, rue de Rivoli, en 1828, c’était là son état : parfumeur vinaigrier.



Maison Guerlain rue de Rivoli

Au début du 19ème siècle, les parfums relevaient donc toujours de l’artisanat et du savoir-faire technique, nullement d’art. La peur du Diable et des ensorcellements étaient nettement affaiblies, non le mépris suscité par les techniques de tromperie des courtisanes, voire des coquettes, qu’elles mettaient en œuvre dans leurs boudoirs. Il ne faut pas oublier que le parfum a été longtemps conçu comme une arme de séduction féminine dirigée contre les hommes innocents.



Françoise Boucher, La toilette (1742)

Si cela est vrai, le parfum est affaire purement subjective. Or, selon Kant, on ne saurait discuter de l’agréable et du désagréable, qui resteront toujours une affaire privée. Le beau et le laid, au contraire, font l’objet d’une perception désintéressée qui demande à être communiquée : on veut convaincre les autres d’aimer des œuvres de qualité et de partager notre bon goût, mais aucun discours ne changera jamais nos goûts personnels en matière culinaire ou sexuelle.



Pierre Bonnard, Le cabinet de toilette au canapé rose (1908)

Le problème du parfum vient donc d’une certaine idée de l’art : doit-il produire des œuvres durables, qui ne sauraient être consommées pour un plaisir éphémère, ou se rendre à la décadence prônée par Baudelaire ou encore Artaud ?






A vrai dire, dans notre société, les œuvres d’art, conservées dans des musées et des bibliothèques, protégées et restaurées à grand coût, appartiennent à la sphère du sacrée. Les parfums, quant à eux, loin d’être intouchables, sont incessamment reformulés : certains produits sont interdits pour des raisons de santé publique plus ou moins avérés ; d’autres sont devenus indisponibles, parce que protégés d’une exploitation surannée ; et surtout, les coûts de production sont diminués un maximum sans égard pour la qualité du produit. Est-ce dans la nature des choses ?



Antonio de Pereda y Salgado, Allégorie de l’éphémère (c.1654)

Il est certain que le parfum est éphémère. Il s’altère constamment, surtout une fois le flacon ouvert, et pas plus que les œuvres des peintres, ne peut être préservé de tout contact avec l’oxygène, car un contenant, quel que soit les matériaux utilisés, est forcément fissuré. De plus, nul doute en cela, le parfum nous procure un plaisir sensuel. Il a aussi cette particularité de se mélanger avec la peau de la personne qui le porte et de se diffuser dans l’air avant de disparaître. Ainsi, il n’a rien d’intouchable, dans la mesure où l’amateur, non le créateur, décide quel parfum porter, afin d’incarner une œuvre d’art avec la chimie de son corps et celle de l’air qui l’environne.


Julie van der Vaart, Le Sentiment De L’Éphémère

Malgré tout, il n’en reste pas moins que le monde du parfum a subi une révolution complète, comparable à celle que connût la peinture à la Renaissance, avec l’utilisation des modélisations géométriques, pour créer la perspective, et l’ambition de créer des images symboliques. A l’époque, les artistes revendiquèrent avec succès leurs connaissances des lois de l’optique et de la géométrie, mais, en parfumerie, l’introduction de molécules chimiques n’impose pas le même respect et fut controversée dès le 19ème siècle, puis au début du 20ème, notamment par la maison Lubin, qui l’accusait d’être mauvaise pour la santé des femmes.




Affiche de Lubin de Raphael Kirchner (1912)

De plus, en parfumerie, peut-être vaut-il mieux avoir quelques connaissances en chimie, mais ce n’est pas strictement nécessaire. De plus, ce n’est pas de science qu’il s’agit, mais seulement de la capacité de se servir des produits chimiques afin d’obtenir un certain résultat artistique, tout comme les peintres n’ont pas à être de vrais mathématiciens.



Jacques et Jean-Paul Guerlain

L’orgue à parfums de Jacques Polge

Les artistes de la Renaissance firent aussi valoir l’aspect créatif de leur travail, issu de l’esprit et de l’imagination, au même titre que l’écriture. Selon Léonard de Vinci, je paraphrase librement Les carnets, la poésie décrit les actions de l’esprit et la peinture considère l’esprit à travers les actions du corps. Et ici le parallèle est valable. Car, avec la création de Jicky, par Aimée Guerlain, en 1889, un parfum est né de l’âme de son créateur pour susciter l’émotion dans celle des autres par le truchement de l’odorat, non par la vision ou l’ouïe.




Affiche de Lubin de Raphael Kirchner (1912)

Il ne s’agit plus de pharmacologie, de sorcellerie ou de ganterie, ni de masquer l’odeur de vêtements et de corps sales ou d’impressionner, tel un roi ou un reine, ni encore d’imiter l’odeur de la rose, du jasmin et de la violette, considérées discrètes et du meilleur goût au 19ème siècle. Avec Jicky apparaît la magie de l’art, qui crée un monde, en transformant le nôtre, pour le doter d’un ordre nouveau, imposé par le style de l’artiste. Nous partons donc du connu afin d’en découvrir une vision inconnue et surprenante.

Van Gogh, La nuit étoilée (1889)

Cela n’est dire que tous les parfums suivent cette voie, loin s’en faut, surtout depuis que le cahier de commande, les impératifs de rentabilité et le marketing de masse ont pris tant d’importance. Pourtant, la commercialisation à outrance du parfum ne le différencie pas des autres formes d’art : elles aussi ont leurs ratés, leurs croutes, leurs navets, leurs purs produits de consommation comme la plupart des best-sellers ou des tubes, par exemples, mais le genre entier ne tombe pas en dehors du domaine de l’art.



On peut même avancer que l’ensemble se complaît toujours dans la médiocrité. Rien de plus logique : pour qu’un sel Bach émerge, il faut des milliers de compositeurs dont le travail ne sera pas retenu par la postérité. Mais déjà les œuvres des petits maîtres ressortent du lot, sans même parler des grandes créations qui jalonnent l’histoire.


Marivaux, Le petit maître corrigé par la comédie française (lesechos.fr)

Ainsi les parfums destinés à être vendus au plus grand nombre sont dans la même situation que la musique populaire : depuis que les maisons de disques s’en sont emparés, la qualité a globalement diminué, ce qui n’exclut pas d’occasionnelles surprises. Sauf que dans le cas du parfum, il est impossible de pourvoir des ingrédients de qualité pour les masses, car toutes les cultures de jasmin et de roses, tous les bois et résines précieuses de la planète, n’y suffiraient pas. Mais la créativité sait parfois faire avec peu de matériaux nobles, voire aucun.


Fabrication de parfums dans le laboratoire de ISIPCA (lenversdessens.wordpress.com)

Quant aux parfums exclusifs et vintages, je les comparerais aux œuvres d’artistes en vogue : leur prix et le snobisme qui s’y rattache n’en garantissent ni la beauté ni l’intérêt. Pourtant, là aussi, nombre de créations artistiques s’adressent à l’âme humaine ou à sa capacité de s’émouvoir sans oublier son intelligence ou à sa faculté de comprendre une œuvre. Il n’y a donc aucune raison valable, à mon sens, d’exclure les parfums du domaine de l’art.


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